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Station Ramonville


Ligne B du Métro Toulousain

category: Finalist Projects

Station Ramonville

Notre intervention est conçue selon le système symétrique et binaire de la station (2 entrées, 2 quais, etc...).
Il a été décidé que la réalisation de l’oeuvre se fasse au niveau des 4 cours anglaises par 2 plans inclinés de 4,50m x 6,50m plongent vers l’interieur de la station en coupant obliquement les ascenseurs, qui eux conduisent au coeur de la station.
Au niveau des quais, des photographies seront sérigraphiées sur les parois en verre Stadip des gaines d’ascenseurs sur une hauteur de 2,40m.
Les prises de vues seront réalisées avant le début des travaux, à l’emplacement exact de ces futurs ascenseurs.
Ce procédé permet de rentrer dans la dialectique du lieu entre ce qu’il fût (terrain vague), et ce qu’il sera (la station de métro): une reconstruction de la destruction.
D’où le choix d’utiliser la photographie dont le propre est d’être la mémoire d’un instant T, qui ne pourra se reproduire.
Les plans inclinés occupant les cours anglaises sont totalement dépendants de l’architecture de la station, tant dans leurs inclinaisons que dans leurs matériaux.
Le choix de ce dernier déterminera ce que sera la sculpture au final, mais ne peut se faire indépendamment de l’architecte.
Le béton lisse étant ici le principal matériau utilisé, nous avons décidé pour l’instant que les plans inclinés seraient traités en béton sablé, de façon à obtenir une subtile différenciation du reste de l’architecture tout en gardant une intégration à celle-ci.

Notre travail renvoie dans sa globalité à l’essence même du métro: déplacement rapide, mouvement d’un point à un autre, liaison sol/sous-sol, intérieur/extérieur... elle crée un aiguillage vers le quai, et vice versa.
Le déplacement du spectateur au coeur de l’oeuvre est d’ailleurs primordial pour la lecture complète de celle-ci.
Dans un premier temps, le public regardera les plans inclinés d’en haut.
Ce point de vue permettant de lire une sculpture inversée, où le vide est empreinte du plein.
Au regard de l’histoire contemporaine de la sculpture: abandon du socle (Judd), sculpture au ras du sol (André), voire Land-Art (Smithson, Heizer), notre conception de la sculpture va dans ce sens avec en plus de l’aplatissement du volume sa visualisation en contre-bas.

Suivant le même concept, l’installation photographique inverse les points de vue en faisant passer le niveau sol du site actuel, au niveau sous-sol de la future station.
Comme pour la sculpture, les codes phénoménologiques sont bouleversés et la lecture inversée.
Depuis toujours, l’image photographique traduit, sur un support en 2 dimensions la troisième dimension de l’objet photographié.
Içi, les prises de vue éliminant volontairement tous les points de repères habituels, comme le sol et l’horizon, provoqueront un aplatissement total de cette troisième dimension.
De même, l’accrochage photographique qui se limite habituellement à une surface plane, occupera dans chaque ascenseur, deux côtés des gaines.
Cette installation éclairée par l’arrière permettra aux voyageurs de se retrouver à l’intérieur d’un volume formé “d’aplats”.

Tout en ayant un véritable intérêt plastique par l’inversion des codes de lecture (la 3D devient 2D et la 2D devient 3D), notre intervention permet aux voyageurs de passer sereinement d’un espace clos à un espace ouvert, en l’accompagnant de façon progressive dans la liaison sol/sous-sol.
Par sa conception et sa totale intégration à l’architecture, ce projet nous conduit vers une seconde problématique, à savoir: Qu’est ce qui est art ? Qu’est ce qui est architecture ?

Au delà du site, notre intervention participe à l’évolution de l’art en faisant dialoguer deux univers artistiques rarement confrontés en un seul et même travail.
La sculpture trouve içi une nouvelle forme d’expression avec l’inversion du volume.
La photographie suit, elle, les règles de déconstruction et de conceptualisation qui, depuis un siècle, guide la sculpture et la peinture.
Or, c’est précisément l’apparition de la photographie qui a permis à l’art d’abandonner son devoir de représentation.
Notre oeuvre donne une conclusion logique à cette dualité entre photographie et sculpture, en libérant à son tour la photographie du rôle de reproduction qui lui avait été initialement dévolu.

  • Date

    2007 projet finaliste

  • Localisation

    Toulouse, France

  • Commanditaire

    Tisséo SMTC

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